
Jean Jouzel,paléoclimatologue et ancien vice-président du conseil scientifique du Giec,le 6 août 2026 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Les vagues successives de chaleur en France,la sécheresse et les incendies ces dernières semaines,"c'est ce que nous avions prévu au cours des dernières décennies",souligne jeudi 6 août sur franceinfo Jean Jouzel,paléoclimatologue et ancien vice-président du conseil scientifique du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat,créé en 1988 par l'ONU).
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"C'est ce que nous envisageons depuis une cinquantaine d'années",appuie Jean Jouzel. "J'avais fait le pari dans les années 1980 que le réchauffement climatique deviendrait perceptible vers 2030,que chacun le sentirait. En fait,c'est un peu plus rapide à cause des événements extrêmes qui deviennent vraiment très marqués",observe le paléoclimatologue.
Le constat est le même à propos des incendies,qui ont parcouru 120 000 hectares en France depuis le début de la saison,selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur. "On parle de mégafeux dans les rapports du Giec,c'est tout à fait évoqué",rappelle Jean Jouzel,"ils sont extrêmement précis sur ce qu'on appelle des événements composés,c'est-à-dire la sécheresse et les canicules qui jouent un rôle" dans les incendies,et qu'il y a "clairement un lien avec le réchauffement climatique".
"Le problème,c'est le fossé entre ce qu'il faudrait faire et ce qui se fait",résume Jean Jouzel. Le vice-président du Giec prend comme exemple le Haut Conseil pour le climat,créé en 2018,qui "produit d'excellents rapports". "Le gouvernement doit répondre aux recommandations faites par ce Haut Conseil,mais ses réponses tardent généralement",note-t-il,ce qui lui laisse penser que "l'interaction entre le Haut Conseil pour le climat et le gouvernement français n'est pas aussi étroite qu'elle devrait l'être".
🔴 Climat : E. Macron a-t-il été à la hauteur ? ➡️ "Par rapport à la Convention citoyenne sur le climat,il n’en a pas suffisamment tenu compte. Je crois qu’il a trompé les participants à cette convention",selon Jean Jouzel,ancien vice-président du conseil scientifique du GIEC pic.twitter.com/lFqQIKBY23
— franceinfo (@franceinfo) August 6,2026
Pour la prochaine élection présidentielle,le paléoclimatologue renouvelle son appel aux candidats à "prendre ce problème à bras le corps",car aujourd'hui,il "ne voit pas beaucoup de candidats potentiels à l'élection prendre au sérieux ce problème de réchauffement climatique". "Ce n'est pas un jeu. Vraiment !",martèle Jean Jouzel,"il en va du bien-être de nos populations,de la capacité des jeunes d'aujourd'hui à s'adapter au réchauffement climatique".
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