
Photo d'illustration. Une proposition de loi visant à garantir le droit d'accès aux origines personnelles est examinée en commission à partir du mercredi 6 mai. (Maja Coric / E+)
On estime qu'un million et demi de Français ont déjà contourné l'interdiction des tests ADN à visée généalogique,non pas par curiosité,mais parce que c'était vital pour eux. Adoptées,nées sous X ou d'un don de gamètes dans le cadre d'une PMA,les personnes qui y ont recours n'ont que ce moyen pour accéder à leurs origines. La proposition de loi sur la légalisation de ces tests est examinée en commission,mercredi 6 mai 2026,à l'initiative du groupe Ensemble pour la République. Le débat dans l'hémicycle commencera lundi 11 mai.
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Céline,adoptée à l'âge d'un anà franceinfo
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Malgré sa bonne volonté,Céline décrit un parcours du combattant. Elle a d'abord demandé à des laboratoires français de faire ces tests,qui ont évidemment refusé. Alors elle a pris contact aux Pays-Bas. "Ils ont réussi à m'envoyer les deux tests ADN vierges,pour ma mère biologique et pour moi",raconte-t-elle.
"Quand j'ai renvoyé mon test ADN,on me l'a bloqué à la douane,on me l'a renvoyé plusieurs fois."
Célineà franceinfo
"À force,je me suis dit qu'il fallait que j'enlève le packaging du laboratoire et que je fasse passer ces cotons-tiges comme un courrier lambda. C'est ce que j'ai fait",confie Céline. Elle a dissimulé les cotons-tiges dans des affaires de toilette,tout en avouant que cela la met mal à l'aise encore aujourd'hui. "J'ai l'impression que des policiers vont arriver et vont me mettre 3 000 euros d'amende."
Céline trouve cela injuste,elle considère que l'accès aux origines devrait être un droit. Finalement,après 6 mois,elle a reçu les résultats juste avant que son avion ne décolle pour le Sri Lanka,où elle a retrouvé la femme qui l'a mise au monde. Si pour Céline,le test a validé ses recherches,c'est le plus souvent le point de départ,notamment pour les enfants nés dans le cadre d'une PMA,avec don de gamètes.
D'où la panique avant son mariage,car son fiancé était un homme lui-même né grâce à une PMA. Elle craignait une possible consanguinité,mais la justice refusait de lui apporter des réponses. Le couple a décidé de faire un test ADN en passant par un laboratoire américain,qui a ensuite comparé les résultats avec ceux de sa base de données.
"J'ai retrouvé tout de suite une demi-sœur,dont j'avais été l'avocate,sept ans plus tôt,raconte Audrey. Et après,c'est une question de temps. Mon mari a retrouvé tout de suite ses origines. Il a fait le test et a eu un 'match' avec une Londonienne. Onze heures plus tard,il avait un nom,une identité. Et Gérard,qui habite à une heure et quart de chez nous,était hypercontent d'être retrouvé."
"C'est marrant,parce que j'ai trois enfants,je retrouve les traits de mon donneur aussi dans leurs visages."
Audrey,qui a retrouvé l'identité de son géniteurà franceinfo
Les tests ADN à visée généalogique sont aussi un espoir pour les enfants nés sous X,quand rien ou presque n'a été laissé dans leur dossier. Pour trouver des correspondances il faut tout de même que beaucoup de gens aient fait le test et accepté de laisser leur ADN dans la base associée au test réalisé.
L'opération ne marche pas à tous les coups,dans le cas d’Elodie,qui est née sous X,à Niort en 1978 les résultats ont été décevants. Elle s'est découvert des origines probablement portugaises,mais s'est toutefois surtout sentie désemparée face aux résultats qui lui ont été envoyés avec le nom et le mail de quelque 4 000 personnes mais avec très peu d'ADN en commun. "J'ai eu connaissance d'un détective privé spécialisé qui avait de forts pourcentages de réussite. J'ai demandé un devis,c'était dans les 3 000 ou 4 000 € donc je n'ai pas donné suite. Après,je ne ferme pas la porte. Peut-être qu'un jour,si rien ne fonctionne,pourquoi pas."
Pour l'instant,Elodie se fait accompagner par une généalogiste bénévole dans une association et elle envisage un nouveau test pour avoir accès à des comparaisons dans une autre base de données. Un meilleur accompagnement fait partie des revendications des associations qui militent pour la légalisation de ces tests.
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