
La ville de Westport,en Irlande,abrite la plus grosse usine de production de Botox au monde. (imageBROKER/K. Loos)
Avec près de 4,5 milliards d'euros de ventes chaque année,la petite ville côtière de Westport située à l'ouest de l'Irlande abrite la plus grosse usine de production de toxine botulique - ou Botox - au monde. Cette toxine,issue d'une bactérie,est majoritairement utilisée en médecine esthétique,pour bloquer les nerfs responsables de l'activité des muscles du visage et empêcher ainsi l'apparition de rides d'expressions.
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Parmi les 7 000 habitants de Westport,une personne sur cinq travaille pour AbbVie,l'usine qui fabrique le Botox. Le maire lui-même,Peter Flynn,s'y rendait tous les matins pendant 27 ans,avant de se lancer en politique. "On a tous des amis,des proches qui y travaillent. L'entreprise s'étant installée au milieu des années 70,dans certains cas,ce sont trois générations d'une même famille : les grands-parents,leurs enfants et aujourd'hui,les petits-enfants",révèle-t-il.
"Grâce à cette entreprise,beaucoup ici ont pu acheter ou construire leur maison,et tout simplement gagner leur vie."
Geraldine Horkan,directrice de la chambre de commerce de Westportà franceinfo
Il faut dire qu'avec sa fiscalité ultra-compétitive,l'Irlande a su attirer les poids lourds de l'industrie pharmaceutique : Pfizer,Johnson & Johnson,et donc AbbVie,à Westport,qui carbure à plein régime. La petite ville abrite la plus grosse usine de production de toxine botulique au monde.
Geraldine Horkan ajoute : "On en est très fiers,même si ça ne se voit pas forcément sur nos visages,plaisante-t-elle. Nous n'avons pas d'accès privilégié : si on veut du Botox,on doit le payer,comme tout le monde ! Mais oui,on est fiers,ce produit exporté partout dans le monde."
Beaucoup de jeunes commencent le Botox tôt. "Je me fais injecter au niveau du front. J'en ai aussi fait autour des yeux,et au-dessus de la bouche,pour relever ma lèvre",raconte Rochelle,26 ans,qui a débuté les injections à 22 ans.
"Tout le monde autour de moi le faisait."
Rochelle,qui a commencé les injections à 22 ansà franceinfo
"J'ai lu que c'était mieux de commencer jeune plutôt que d'attendre la trentaine,confie la jeune femme. On voit ça partout sur les réseaux sociaux. Des influenceurs vont dans différentes cliniques,et c'est comme ça qu'on découvre des endroits. Sur Instagram,on voit des pubs partout. Des gens sont payés pour en parler. C'est complètement normalisé aujourd'hui."
"Quand j'avais 16 ans,on se faisait percer les oreilles. Aujourd'hui,à cet âge-là,les jeunes vont plutôt se faire injecter,entre copines."
Caitriona Kieran,médecin esthétiqueà franceinfo
Elle rappelle que si,dans des offres séduisantes en ligne,le prix paraît trop beau pour être vrai,c'est qu'il l'est. Caitriona Kieran a récemment dû intervenir en urgence sur une patiente de 15 ans,pour éviter une occlusion de sa lèvre,quand le sang ne circule plus. "Elle avait payé 60 euros",explique la docteure,qui indique que l'achat des seuls produits pour de telles injections revient déjà à plus cher. "Et malgré tout,poursuit-elle,la personne qui a injecté cette jeune fille a fait un bénéfice. Alors imaginez la qualité du produit utilisé au départ !"
"J'ai réussi à en dissoudre une partie,mais j'ai finalement dû ouvrir l'arrière de sa lèvre pour tout retirer. Aujourd'hui,sa lèvre est déformée. Et c'est irréversible."
Caitriona Kieran,médecin esthétiqueà franceinfo
La situation jugée alarmante par les professionnels de santé,qui appellent à légiférer sans attendre. Les députés travaillistes veulent imposer l'affichage obligatoire d'une licence et prévoir des sanctions claires en cas de mise en danger des patients.
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